La Syrie fait face à un moment de vérité. Quinze ans après que les protestations ont éclaté dans la province de Daraa et se sont transformées en une révolution qui allait finalement renverser le régime de Bashar al-Assad le 8 décembre 2024, les Syriens marquent un nouvel anniversaire de leur soulèvement—cette fois dans un paysage post-Assad encore en formation.

La commémoration du 18 mars cette année porte un poids bien au-delà du simple souvenir cérémoniel. Pour la deuxième année consécutive, les Syriens évaluent si les nouvelles autorités ont tenu les promesses fondatrices de la révolution : la liberté, la justice et la dignité humaine. Pourtant, la réponse reste insaisissable, compliquée par les réalités désordonnées de gouverner une nation fracturée.

Le chemin parcouru depuis la chute d'Assad a été marqué par de graves revers. L'année dernière a été le théâtre d'une vague de violence côtière dévastatrice au cours de laquelle les nouvelles forces de sécurité et les groupes alliés ont tué plus de 1 400 personnes, principalement des civils alaouites, suite aux attaques des insurgés pro-Assad. Des mois plus tard, les affrontements dans la province de Suwayda ont fait des victimes parmi les Druzes et les Bédouins, fracturant les relations entre la région méridionale et Damas. Pendant ce temps, les négociations pour l'intégration kurde dans le nord-est ont stagné malgré de faux redémarrages répétés, bien qu'un accord de janvier ait produit certains changements sur le terrain.

Les responsables de la société civile et les défenseurs des droits de l'homme scrutent désormais le bilan du nouveau gouvernement en matière de responsabilité, de liberté de la presse, de justice transitionnelle et de lutte contre la corruption. Les évaluations suggèrent un mouvement loin de sa destination. La question de savoir si le long parcours de la Syrie vers les valeurs qui ont déclenché 2011 réussira finalement demeure ouverte—et conséquente.

Initialement rapporté par Syria Direct. Réécrit pour ABN12.