Les marchés pétroliers mondiaux se sont redressés lundi alors que l'administration Trump intensifiait les tensions avec l'Iran, annonçant un blocus naval ciblé de la voie de navigation critique du détroit d'Ormuz. Le Brent, l'indice de référence des prix internationaux, a grimpé au-delà de 103 dollars le baril—marquant une hausse significative et revenant au-dessus du seuil psychologiquement important de 100 dollars pour la première fois depuis la semaine dernière.
L'annonce a suivi l'effondrement du week-end des pourparlers de cessez-le-feu entre les autorités américaines et iraniennes, un écroulement qui signale des hostilités renouvelées dans un conflit qui a déjà perturbé les approvisionnements énergétiques. Bien que le Commandement central américain ait clarifié par la suite que le blocus ne ciblerait que les navires à destination de l'Iran—plutôt que tout le trafic via la voie navigable—la déclaration initiale a secoué les marchés déjà nerveux face aux incertitudes du Moyen-Orient.
L'escalade souligne la fragilité de la situation actuelle. Bien qu'un cessez-le-feu de deux semaines reste techniquement en vigueur jusqu'au 22 avril, le transport par le détroit d'Ormuz—qui achemine environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel—s'est déjà pratiquement arrêté. Les données maritimes montrent que seuls 17 navires ont traversé le détroit samedi, comparé à environ 130 transits quotidiens en temps de paix. Le blocus de facto iranien, imposé après les frappes américano-israéliennes, continue d'étrangler cette voie navigable vitale.
L'incertitude géopolitique s'est répercutée sur les marchés asiatiques, l'indice Nikkei 225 du Japon perdant 0,9 pour cent et le KOSPI de la Corée du Sud chutant de plus de 1 pour cent en début de séance. Les contrats à terme sur les actions américaines ont également reculé, signalant la prudence des investisseurs avant la mise en œuvre prévue du blocus lundi à 10h00 HE. Les marchés énergétiques ont déjà enduré une volatilité extrême—le Brent a atteint un pic de 119 dollars le mois dernier avant de s'effondrer sous les 92 dollars suite à l'annonce du cessez-le-feu.
Les investisseurs doivent surveiller si les États-Unis et l'Iran peuvent stabiliser la situation avant le 22 avril, car une détérioration supplémentaire pourrait déclencher des augmentations durables des prix de l'énergie avec des conséquences sur l'inflation mondiale et la croissance économique.
Initialement signalé par Al Jazeera English. Réécrit pour ABN12.